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Freelance : comparez 4 statuts et calculez votre TJM

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Se lancer en freelance attire chaque année davantage de salariés en quête d’autonomie. Mais comment se lancer en freelance sur des bases solides plutôt qu’au feeling ? Avant de rédiger votre première facture, simulez votre taux journalier cible et comparez les statuts juridiques : ce sont les deux décisions qui déterminent votre revenu net réel, bien avant de trouver votre premier client.

Quel statut juridique choisir pour se lancer en freelance ?

Le statut conditionne vos charges, votre régime TVA, votre protection sociale et votre plafond de chiffre d’affaires. En 2026, quatre options couvrent la quasi-totalité des situations :

Statut Plafond CA Charges sociales Régime TVA Protection sociale Complexité admin.
Auto-entrepreneur 77 700 € (services) ~22 % du CA (11 % avec ACRE an 1) Franchise sous 36 800 €/an Minimale (retraite réduite) Très faible
EURL (gérant TNS) Illimité ~40-45 % du bénéfice Assujettie dès le 1er euro Correcte Modérée
SASU (président salarié) Illimité ~55-65 % de la rémunération Assujettie dès le 1er euro Proche du salarié Élevée
Portage salarial Illimité ~48-52 % du CA Gérée par la société de portage Complète (chômage inclus) Nulle (externalisée)

L’auto-entrepreneur séduit par sa simplicité : création en ligne en 15 minutes, charges proportionnelles au chiffre d’affaires, zéro comptabilité obligatoire. Son talon d’Achille reste le plafond de 77 700 € pour les prestations de services, qui bloque les consultants à fort TJM dès la deuxième année d’activité. Au-delà de ce seuil, l’EURL permet de déduire ses frais réels (matériel, déplacements, formation) et d’optimiser la rémunération via dividendes. Le portage salarial, lui, externalise toute la gestion administrative et conserve l’accès à l’assurance chômage : c’est l’option la moins risquée pour tester le freelance sans quitter son CDI.

L’ACRE : réduire vos charges de moitié la première année

L’ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise) est un dispositif public souvent ignoré par les nouveaux freelances. Il accorde une exonération partielle de cotisations sociales pendant les 12 premiers mois d’activité, sous réserve de ne pas en avoir bénéficié au cours des 3 années précédentes.

En auto-entreprise, l’ACRE divise environ par deux le taux de cotisations sociales. Le taux standard de 22 % pour les prestations de services tombe à environ 11 % la première année. Sur un chiffre d’affaires de 40 000 €, cela représente une économie directe de 4 400 € de charges sociales en an 1, sans démarche comptable complexe.

En EURL ou SASU, le mécanisme diffère : l’exonération porte sur les cotisations sociales dans la limite de 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit environ 35 325 € de rémunération concernée (le PASS 2025 s’établit à 47 100 € selon le décret du 4 novembre 2024 ; 75 % x 47 100 € = 35 325 €). Au-delà de ce seuil, les cotisations normales s’appliquent. L’avantage réel dépend donc du niveau de rémunération que vous décidez de vous verser en année 1.

La demande d’ACRE se fait à la création de l’entreprise. Pour les auto-entrepreneurs, elle est intégrée au formulaire d’inscription sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Pour l’EURL et la SASU, vous disposez de 45 jours après l’immatriculation pour la déposer auprès de l’URSSAF.

ARE et ARCE : transformer votre chômage en capital de lancement

Si vous quittez votre CDI par licenciement ou rupture conventionnelle, deux dispositifs de France Travail changent radicalement l’équation financière du lancement et méritent d’être intégrés dans votre calcul dès la négociation de votre départ.

L’ARE (Allocation de Retour à l’Emploi) est cumulable avec une activité freelance. Vous continuez à percevoir une partie de votre allocation mensuelle même en encaissant des revenus en tant qu’indépendant. Le montant versé est calculé ainsi : ARE mensuelle = (taux journalier ARE x jours du mois) moins (70 % du revenu freelance brut du mois). Concrètement, si votre ARE mensuelle est de 1 800 € et que vous facturez 1 500 € de chiffre d’affaires ce mois-là, vous percevez encore 750 € d’ARE en complément. Les droits non consommés sont reportés : une activité freelance au démarrage n’annule pas vos droits, elle les étale dans le temps.

L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) offre une alternative : plutôt que de percevoir l’ARE au fil des mois, vous optez pour un versement en capital correspondant à 60 % du reliquat de vos droits ARE, en deux fois (50 % à l’immatriculation de votre structure, 50 % six mois plus tard). Sur 30 000 € de droits restants, cela représente 18 000 € de trésorerie disponible pour financer votre démarrage : matériel, formation, premiers mois de loyer.

Le choix entre ARE mensuelle et ARCE dépend de votre vitesse de montée en charge : si vous anticipez des revenus freelance significatifs dès le troisième mois, l’ARCE capitalise votre avantage. Si la montée en charge est incertaine, conserver l’ARE mensuelle comme filet protège mieux sur la durée. La demande d’ARCE se fait auprès de votre conseiller France Travail, après immatriculation de votre structure et dépôt du dossier de création.

Franchise en base de TVA : avantage B2C, contrainte B2B

En auto-entreprise sous le seuil de 36 800 € de chiffre d’affaires annuel (prestations de services), vous n’êtes pas assujetti à la TVA. Vos factures portent la mention : « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Cette situation produit des effets opposés selon votre clientèle.

Avantage en B2C : votre TJM affiché est votre TJM réel pour le client particulier ou la TPE non-assujettie. Un tarif de 350 € reste 350 € pour votre client, sans TVA à ajouter. Face à un concurrent assujetti facturant 350 € HT, ce même client paie 350 € chez vous contre 420 € TTC chez lui. Le prix de revient rend votre offre plus compétitive à niveau de service identique.

Contrainte en B2B : un client professionnel assujetti à la TVA compare les offres en hors taxes. Votre TJM de 350 € sans TVA équivaut économiquement à 350 € HT chez un concurrent assujetti, car ce dernier récupère la TVA. Le coût net est identique. La vraie friction est ailleurs : certains services comptables d’entreprises sont peu à l’aise avec les factures sans TVA, et si vous dépassez le seuil de 36 800 € en cours d’année, vous devez basculer vers le régime normal et régulariser la TVA sur les périodes passées, ce qui peut créer des tensions avec vos clients. Signalez systématiquement votre statut de franchise en base dès les premiers échanges B2B.

Simule ton TJM avant de signer ta première mission

Fixer un taux journalier sans calcul préalable est l’erreur la plus coûteuse des freelances débutants. Le TJM doit couvrir vos charges sociales, vos jours non facturés (prospection, formation, congés) et votre objectif de revenu net mensuel. Renseignez vos paramètres ci-dessous, le résultat s’affiche en temps réel pendant la saisie.

Trouver ses premiers clients sans réseau établi

La prospection est le défi numéro un des freelances débutants. Avant même de contacter vos premiers prospects, savoir comment fixer et défendre votre tarif journalier est aussi déterminant que de trouver des contacts : un TJM sous-évalué crée une spirale de missions épuisantes pour un revenu insuffisant. Trois approches complémentaires fonctionnent en 2026.

LinkedIn en mode ciblage inversé : plutôt que de répondre à des annonces, repérez les entreprises de 10 à 50 salariés de votre secteur sans équipe interne sur votre métier. Un message direct au dirigeant, court et orienté résultat concret, convertit bien mieux qu’un profil ultra-optimisé.

Les plateformes spécialisées : Malt et Comet permettent de décrocher les premières missions sans portfolio. Positionnez-vous 10 à 15 % sous le médian de votre catégorie pendant les trois premiers mois, puis remontez dès que vous cumulez des avis clients positifs. La rédaction de contenu web reste l’une des activités freelance les plus accessibles à démarrer : la demande en rédaction SEO dépasse structurellement l’offre de rédacteurs qualifiés.

La niche comme accélérateur : “consultant marketing” ne se positionne pas. “Consultant acquisition B2B pour les SaaS Series A” attire des prospects qualifiés dès la première semaine de prospection. Plus le positionnement est précis, plus la conversion raccourcit. Choisissez un secteur que vous connaissez de l’intérieur, même si votre expertise technique est encore partielle.

Protéger son activité freelance dès le premier contrat

Un freelance est une entreprise individuelle exposée aux mêmes risques qu’une PME. Deux protections s’imposent avant la première facturation.

L’assurance responsabilité civile professionnelle couvre les dommages causés à un client lors d’une mission : erreur de conseil, retard préjudiciable, fuite de données sensibles. Son coût varie de 150 à 600 € par an selon le secteur d’activité. En cas de litige, elle préserve votre patrimoine personnel d’une mise en cause directe. La souscrire avant la première facturation est non-négociable.

La mutuelle santé pour indépendants TNS et la prévoyance individuelle compensent la faiblesse du régime TNS sur les arrêts maladie et l’invalidité. En portage salarial, ces garanties sont incluses dans les charges. En auto-entreprise ou EURL, prévoyez 100 à 300 € par mois selon votre situation familiale. Les compétences de gestion d’entreprise comme la trésorerie et la lecture d’un bilan deviennent vite critiques quand les délais de paiement s’étirent à 60 jours en B2B.

Questions fréquentes

Peut-on se lancer en freelance tout en gardant son CDI ?

Oui, via le statut auto-entrepreneur. La cumulation est autorisée si votre contrat de travail ne contient pas de clause d’exclusivité et que vous n’exercez pas en concurrence directe avec votre employeur actuel.

Quel TJM viser pour une première mission freelance ?

Le TJM médian varie de 350 € (rédacteur, assistant virtuel) à 900 € (architecte cloud, consultant stratégie senior). Utilisez le simulateur ci-dessus pour vérifier que votre TJM cible couvre réellement vos charges selon votre statut.

L’ACRE est-elle automatique pour un nouvel auto-entrepreneur ?

Non, elle doit être demandée lors de la création de l’entreprise via le formulaire sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Elle est accordée de plein droit si vous remplissez les conditions. Passé ce délai de création, il n’est plus possible de la réclamer rétroactivement.

Peut-on cumuler ARE et revenus freelance après une rupture conventionnelle ?

Oui. L’ARE est cumulable avec une activité indépendante : France Travail déduit 70 % de vos revenus freelance du mois de votre allocation, mais vos droits non consommés sont reportés. Vous pouvez aussi opter pour l’ARCE et convertir 60 % de vos droits restants en capital versé en deux fois, pour financer votre démarrage sans attendre.

Faut-il un site internet pour se lancer en freelance ?

Non en phase de démarrage. Un profil LinkedIn soigné et une page Malt suffisent les six premiers mois. Un site devient pertinent dès que vous avez des avis clients et des cas concrets à mettre en valeur.

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