Pourquoi les EHPAD ont-ils toujours des besoins en personnel ?

Pourquoi les EHPAD ont-ils toujours des besoins en personnel ?

Vous avez certainement déjà entendu parler des difficultés rencontrées par les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) pour recruter du personnel qualifié. Mais savez-vous réellement pourquoi ce phénomène persiste année après année ? Découvrez les raisons méconnues de cette situation préoccupante.

Ce qu'il faut retenir :

💪 Pénibilité du travail Travail physique et émotionnel intense, risques de blessures et d'épuisement.
👎 Image dévalorisée Secteur médico-social peu valorisé, choix par défaut plutôt qu'une vocation.
💰 Rémunération peu attractive Salaires bas, conditions de travail moins favorables que dans d'autres secteurs.
📉 Conditions d'emploi précaires Contrats précaires, missions en intérim, manque de stabilité et de perspectives de carrière.

La pénibilité du travail, un frein majeur

Il faut bien l’admettre, travailler auprès de personnes âgées dépendantes est une épreuve physique et psychologique constante. Les gestes d’assistance à la toilette, les transferts de résidents à mobilité réduite et la lourdeur émotionnelle d’accompagner la fin de vie sont autant d’éléments rebutants pour de nombreux candidats à un emploi ehpad.

Par ailleurs, les cadences soutenues et les contraintes organisationnelles immenses auxquelles sont soumis les soignants ne font qu’aggraver ce rejet d’un métier dur et éreintant. Le personnel soignant jette l’éponge, dégoûté par un quotidien aussi harassant que déconsidéré.

Enfin, les risques de blessures, de troubles musculo-squelettiques ou encore d’épuisement professionnel sont une réalité permanente. Trop rares sont ceux qui parviennent à tenir sur la longueur sans voir leur santé se dégrader. Ce constat alarmant rebute évidemment les aspirants soignants, avides de perspectives plus sereines.

L’image dévalorisée du secteur médico-social

Malheureusement, le secteur médico-social souffre encore d’une reconnaissance sociétale plus que relative. Ces métiers essentiels à la prise en charge qualitative des aînés dépendants manquent de valorisation dans l’opinion publique. Trop longtemps négligés et restés dans l’ombre, ils peinent désormais à attirer les nouvelles générations de soignants.

Malgré un début de prise de conscience, la profession d’aide-soignant ou d’auxiliaire de vie fait toujours figure de voie de garage pour beaucoup. Un choix par défaut, rarement une vocation. Cette image dévalorisée repousse bien des vocations qui, faute de perspectives motivantes, se tournent vers d’autres horizons.

Cette désaffection explique en grande partie les difficultés à recruter, mais aussi les taux d’absentéisme et de turnover records des EHPAD. Un cercle vicieux s’installe, où le manque de reconnaissance nourrit le manque d’attractivité, lui-même renforçant le déficit en personnel. Un engrenage insatisfaisant pour tous.

Un niveau de rémunération peu attractif

Reconnaissons-le, les salaires proposés dans la filière gérontologique peinent à séduire de nouveaux talents. Avec des grilles indiciaires relativement basses et des conditions de travail largement moins favorables que dans d’autres secteurs, les EHPAD font office de parents pauvres de la fonction publique hospitalière.

Comment dès lors espérer attirer les meilleurs éléments dans ces conditions ? Les vocations, aussi sincères soient-elles, s’accommodent difficilement de rémunérations qui frôlent parfois le SMIC, surtout au regard des lourdes charges physiques et psychologiques inhérentes.

Le déficit criant d’attractivité salariale combiné au manque de reconnaissance sociale évident du secteur explique en grande partie le désamour des jeunes générations pour ces métiers d’avenir pourtant essentiels. C’est un problème de taille à résoudre urgemment.

Des conditions d’emploi précaires et instables

Dernier aspect problématique majeur : la précarité ambiante des contrats proposés rebute de nombreux candidats potentiels. Qu’il s’agisse de missions en intérim répétées ou encore de CDD à rallonge, ces conditions d’emploi instables et anxiogènes minent la motivation des professionnels.

Se projeter sur le long terme et construire une réelle perspective de carrière semblent bien illusoire dans ce cadre mouvant et peu rassurant.